Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 18:16

 

 

J’ai toujours été passionné de westerns, de John Ford à Clint Eastwood en passant par Henry  Hathaway, Howard Hawks, John Huston, John Sturges ou Sam Peckinpah, j’en oublie sûrement, j’ai toujours rêvé de grands espaces, de « Monument Valley », d’Arizona torride où chevauchant mon fier mustang, je conquerrais ma Liberté dans un soleil couchant, je chanterais « My Darling Clementine »...
Le Western est un élément majeur du cinéma, américain s’entend, en France c’est le cape et d’épée !
Même si le sujet semble inépuisable, il a aussi évolué en un autre style, le road movie, chevaux et diligences faisant place aux Harley et autres  Dodge Charger d’un « Vanishing Point » de légende.
La « contre culture » grâce à Dennis Hopper a enfourché la monture avec « Easy Rider », James William Guercio , (musicien, cineaste et producteur du groupe Chicago),en a pris le contre pied avec le superbe « Electra Glide in Blue ».
Paysages, Harley, Rock, Guercio a beaucoup appris de John Ford, ce film est réac comme ses flics et mélancolique comme la chanson de fin « Tell me » du merveilleux Terry Kath.
On  l’oppose souvent à Easy Rider, ne serait-ce que par la scène où les motards s'entrainent à tirer sur l’affiche du dit film, mais comme lui, il est un drame rempli d’humour et de quête de liberté et comme Easy Rider, les bikers, les motards meurent à la fin filmés par une caméra qui s’éloigne...
« Tell me about the sun
Tell me about the rain
Tell me about the fields
Tell me about the plains »
Terry Kath meurt aussi à la fin, d’un coup de six-coups, pendant une partie de Roulette Russe, il quitte la scène et sa vie en même temps,  un 23 janvier 1978, nous laissant orphelins d’une des plus belles guitares du monde du Rock.
La chanson  est également un titre d’adieu et clôture la cinquième saison de « Miami Vice », Sonny et Rico se serrent la main sur le toit de la Testarossa blanche, le douze cylindres vrombit...
Merde c’est déjà fini ?
Non je vous rassure, le rêve ne finit jamais.
 « God Bless America »

Par Pierre-Jean Néri
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Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 18:36

 

Il y a des adresses comme ça, des trucs qui parlent, qui remémorent, comme une rue qui sonne, bien black, bien south.
Vous avez le Blues, venez faire un tour par ici, vous le vivrez, vous l’écouterez, vous vous souviendrez.
Willie Dixon, Howlin’Wolf, Muddy Waters, Buddy Guy, Albert Lee, Sonny Boy Williamson, Memphis Slim, Jimmy Rogers ou John Lee Hooker vous guideront et vous chanteront l’histoire des frères Chess, précurseurs musicaux et exploiteurs de talents, qui créerent les mythiques Studios Chess à Chicago.
Il y avait un tout petit peu plus loin « The Lexington Hotel  au 2135 South Michigan ave and Cermak rd. », ce célèbre hôtel ou Alfonso Capone occupait  la suite  530, une ballade entre Dobro et Thompson, le long d’une avenue historique.
En 1964, les Stones, « imitation blanche et londonienne du southside Chicago blues (Keith Richards) débarquent à l’assaut de l’Amérique.
Ils se précipitent aux « Chess » pour retrouver leurs racines, vivre enfin le mythe de tout ce qui est leur imaginaire musical dont bien évidemment le maitre à penser n’est autre que l'ineffable Chuck Berry, autre maître des lieux.
Il en restera un bootleg « The Chess Sessions , un son lascif et bluesy à souhait qui annonce le meilleur groupe de Rock des cinquantes prochaines années.
Il restera également cette chanson, la seul instrumental du groupe (me semble-t-il) :

 2120 South Michigan Avenue
Signée à l’époque Nanker and Phelge, pseudo de Jagger-Richards, elle rend hommage aux studios et au Blues de Chicago, elle sortira sur le deuxième album US des Rolling Stones, 12X5.
L’histoire est belle, elle a tourné des années durant sur mes platines, 50 ans plus tard elle tourne toujours, j’ai l’impression à chaque fois de la découvrir, normal, souvent le génie épouse la nostalgie, et vous savez quoi ?
Ils vécurent heureux...

Par Pierre-Jean Néri
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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 19:16

 

 

La première fois que j’y suis allé, je devais être un vrai gamin, ravi de ma première sortie au resto le soir, mon père nous invitait chez son pote Auguste Galasso, napolitain moustachu et truculent, tenancier renommé du restaurant « Chez Gu » à Salon de Provence.
Je ne savais pas ce soir là que le dit lieu deviendrait un de mes antres attitré des années durant .
A force de pâtes fraîches et de boulettes, de rosé glacé je travaillais un aspect devenu légèrement confortable et rassurant ! Nous finissions les soirées par quelques abricots cuits façon confiture, servis dans un tian de cuivre, des brousses du Rove, le tout puissamment arrosé de Marc de Provence, Olga la tante, maîtresse de la cuisine et Renée l’épouse du boss se joignaient à nous, une boutanche de Grappa de derrière les fagots, à la main et moult canistrelli faits maison !
Quand la salle était pleine, nous nous retrouvions en cuisine, même si à l’entrée de celle-ci un panneau prévenait : « Brave Gen, eici fau pas entra », plus une invitation qu’une menace !
Et puis quelles tablées ! Nous côtoyions à cette époque tout ce qui se faisait de mieux dans le Yéyé et la variété, Johnny en tout premier, ami intime de Gu depuis que celui-ci l’avait accueilli jeune chanteur après un concert dans la région, à la recherche d’une table tardivement ouverte : « Vous n’avez pas mangé les petits ? J’allais fermer, mais le four est encore chaud, ça vous dit une pizza ? »
Une amitié fidèle était née occasionnant un défilé pendant des années de stars ou en passe de l’être. De  Carlos à Dick en passant par les Michels, Delpech et Polnareff, Claude François, Joe Dassin, j’en passe et des meilleurs, tout le monde se retrouvait là, j’y ai vu Michel Lancelot de Campus, Jean Bernard Hebey de SLC ,José Arthur du Pop Club et Drucker, presque ado, Pierre Perret façonnait ses recettes,tout le monde je vous dis, tout le monde !
Et puis ces gens n’étaient pas bégueules, ils rigolaient, partageaient, ils savaient vivre.
Nous frimions un peu auprès de nos Belles, régulières ou pas, quand cette bande nous conviait à partager le pot de l’amitié. On ne leur disait surtout pas que nous n’achetions pas leurs oeuvres,nous jeunes rockers mais nous savions reconnaître la réussite. C’est quelques années plus tard que j’ai véritablement réalisé que leurs tubes étaient plus que sympa bourrés de talent et tellement significatifs d’une époque heureuse et sans soucis.
Ils laissaient à chaque passage des photos dédicacées, même moi j’avais la mienne, simplement signée « A Gu » , comme une star que je n’étais pas, comme un témoignage d’affection pour toute cette bande de joyeux drilles dont bien sûr Gu, notre Gu était le chef d’orchestre !
 Il m’arrive d’avoir le Blues de cette époque, comme une nostalgie répétant  inlassablement ces mêmes notes, elles ne sont pas les larmes d'un inconsolable chagrin,
Elles ne sont jamais les mêmes,
J'y mets mes joies, j’y mets mes peines,
Ce Blues, ça veut dire que je les aime...

Par Pierre-Jean Néri
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 15:51

 

 

 

Suivez moi, nous allons passer de « L’autre côté du miroir », je vous attendrai assis sur un corn-flakes, dans un jardin anglais, nous dégusterons une jaune crème anglaise qui coule de l’oeil d’un chien mort, je serai le morse vous serez le charpentier, une sardine grimpera la tour Eiffel pendant qu’un pingouin chante Hare Krishna...
Je vous rassure je ne suis pas devenu fou, je ne suis que le porteur d’oeufs  ou si vous préférez, je suis le morse !
C’est vous qui avez accepté de me suivre, nous avons pénétré l’univers décalé de Lewis Caroll, John Lennon poursuivant Alice au pays des merveilles.
Nous sommes à Londres au XIX° siècle, mais probablement à la fin des années 60 au XX°, oui, oui toujours à Londres, restez avec moi, nous allons bronzer sous la pluie !
Vous trouvez cela absurde, vous croyez que j’ai fumé, je ne vous contredis pas, mais pas aujourd’hui, encore moins hier que demain.
N'espérez pas une explication logique, elle serait un non sens.
 Qu'attendez-vous de moi ? C’est promis je ferai le contraire !
Goo goo a'joob !
Je n’aime pas la version des Beatles parce que je n’aime pas les Beatles, je les adore mais moins que les Stones mais eux n’ont pas chanté la gloire du Walrus et de toute façon je préfère la voix de Mike Harrison, la basse de Greg Ridley, dans cet opus de « la dent sinistre » extrait de l’album « The last Puff » qu’il est impossible de traduire par la dernière pouffe...
Seriez vous expert en textes coquins, fumeurs choqués  parce qu’un joker se moque de vous ?
J’ai aimé cette absurde ballade en votre compagnie, il m’était agréable de jeter des fleurs dans ce vieux Londres humide, ce soir Jack n’a éventré personne, les femmes de mauvaises vie peuvent rentrer chez elles, vous chez vous et moi chez moi.
Edgar Allan Pauvre de moi, j’ai peur que vous ne retrouviez pas le chemin, fiez vous au choeurs, ils vous guideront, « Goo goo a'joob, Goo goo a'joob, Goo goo a'joob ! »
Mais n’attendez pas que je vous donne la traduction,

I’m the Walrus !

Par Pierre-Jean Néri
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 11:28

philippe_seguin5.jpg

 



Nous nous croisions souvent au 1 rue François 1er, nous évoquions ce sud que nous aimons, cette France à laquelle nous rêvions.
C’était il y a vingt années, nous étions gaullistes, certains disaient sociaux ou de gauche.
C’est drôle de vouloir toujours cataloguer les gens dans un hémicycle, comme si  il est important de définir une position alors qu’on ne défend que l’idée d’une France grande et aboutie.
Nous n’étions que les héritiers de 2000 ans d’histoire, 2000 ans passés à forger une unité et un style de vie.
Que souhaitions nous ?
L’enjeu était simple, continuer à exister avec nos qualités et nos défauts, évoluer dans un monde qui changeait mais en restant nous mêmes, en honorant nos traditions et notre passé dans un seul but bâtir un avenir à la hauteur de l’Histoire de France  rendre aux Français un peu de cette fierté mystérieuse dont pour l'heure   comme le disait André Malraux   ils ne savent qu'une chose, c'est qu'à leurs yeux la France l'a perdue.
Européïstes et autres eurocrates en avaient décidé différemment, ils préféraient se coucher par le biais d’un traité inique devant un fédéralisme abscon dans une Europe dont on connaît aujourd’hui les défauts et dont on cherche toujours et encore les qualités.
Philippe  Seguin n’était pas anti-européen, n’avait-il pas clôturé son discours du 5 mai 1992 par ces mots que j’entends encore résonner dans une Assemblée Nationale prostrée dans sa forfaiture à venir :
« Monsieur le président, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, la question et la réponse n'ont pas varié : oui, nous voulons l'Europe, mais debout, parce que c'est debout qu'on écrit l'histoire ! »
Vingt ans aprés, pour paraphraser Alexandre Dumas, le héros est mort sous les murailles de Maastricht, tel un d’Artagnan brisant sa rapière mouchetée sur l’autel de l’héroïsme au goût de trop peu.
L’histoire est ainsi faite, elle nous permet de rêver, le futur nous donne raison, les détracteurs d’un jour deviennent les admirateurs de lendemains sans magie, les imbéciles eux, ne changeront pas d’avis...
Je me demande souvent quelle est ma philosophie politique, en sachant pertinemment  que je ne suis qu’un gaulliste romantique.

Par Pierre-Jean Néri
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Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 18:33

 

 

Jack  Weil et Joe Volpi traînaient dans la nuit de La Havane, contemplatifs de la rue libérée qui chante « Hasta Siempre ».

Meyer Lansky est parti pour Saint Domingue, Batista est en fuite.

Johnny Ola git étranglé sur la moquette de sa suite.

 Michael Corleone attend les douze coups de minuit pour embrasser Fredo et lui signifier sa disgrâce...

Truands, espions, flambeurs et putains attendent le ferry sur le quai, il les ramènera à Key West, pour une dernière traversée.

1958 bascule en 1959 dans cette nuit chaude de La Havane, c’est une révolution, pas un coup d’état (Fidel Castro). « Rhum & Coca Cola » est devenu « Cuba Libre », presque une chanson à boire...

La réalité rejoint la fiction, les cartes se mélangent sur le tapis vert, le vieil homme est reparti en mer et Hemingway dans sa ferme.

Voilà ce que doit être un réveillon, une dernière coupe de champagne à la main dans l’aube de la Caraïbe, le noeud papillon défait, le smoking à peine froissé, pour saluer les premières lueurs de l’année qui arrive en chantant ce vieil « Auld Lang Syne » pour remercier le temps écoulé.

Nous penserons aux autres, au passé, à notre vie, nous ferons des projets,  prendrons des résolutions, nous nous téléphonerons, nous nous souhaiterons des voeux chaleureux , et surtout la santé, préciseront les plus anciens, Amour, Gloire et Beauté pour les plus folles, Efféralgan pour les autres.

Secrètement, j’espère que chaque fois à la fin d’un réveillon de cinéma, Harry embrassera Sally, je songerais comme chaque fois à cette nuit de folie sur les hauteurs d’un Palais napolitain où bouteilles à la main nous contemplions les feux d'artifice de la ville noble en hurlant « Gracie 2000 ! »

Mais je vous promets que j’aurai aussi une pensée pour vous...

Buona e felice anno ! Happy New Year ! Saana Saida ! Bonne et heureuse année !

 

(Merci Sydney Pollack pour "Havana", Francis Ford Coppola pour "Le Parrain" et Rob Reiner pour "Quand Harry rencontre Sally")

Par Pierre-Jean Néri
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Samedi 10 décembre 2011 6 10 /12 /Déc /2011 19:24

 

 

C’était une froide après-midi de décembre, l’église Saint Augustin commençait à se remplir et Vienne commençait à s’enneiger.

L’église jouxtait le « Hofburg »  résidence d’hiver des « Habsbourg », Saint Augustin étant le lieu saint de la famille impériale.

Napoléon y a épousé Marie Louise d’Autriche par procuration le 11 mars 1810, le Prince Berthier représentait l’Empereur ce jour là.

 

C’était mon tour d’être présent en cette fin de journée, non pas pour un mariage mais plutôt pour une union avec le Sacré, pour écouter « Una Messa a quatro voci » plus connue comme « Messa di Gloria », du maitre Giacomo Puccini.

J’aime les lieux saints, de Sainte Sophie à Istanbul à Westminster Abbey à Londres en passant par la Mosquée Mohammed Ali au Caire jusqu’au Temple d’Apollon à Delphes ou la sainte Vallée des Rois égyptienne, j’ai l’impression de me recharger en énergie et en sagesse.

Ce n’a pas l’air d’être le cas de la jeune femme qui m’accompagne, peu importe, je lui offrirais un « Sachertore » au Sacher Café en guise de « Corpus Christi », un café viennois faisant office de vin de messe... Dieu la préserve dans sa bontée divine.

 

Divine est la messe, elle exalte passions et sentiments, Ténors, Basses et Barytons me remémorent  deux mille ans d’histoire, Puccini me renvoyant à ce que je suis et d’où je viens.

Je ferme les yeux, Franz Schubert joue pour François Joseph, Marie Louise sourit à ses noces, Saint Augustin les regarde bienveillant.

 

La Religion, ou les Religions sont à l’origine le meilleur moyen de différencier le bien et le mal, nous avons trop tendance à l’oublier, sommes nous fautifs ?

Il y a bien longtemps que l’on nous assène quelques coups d’une laïcité, devenue règle absolue,  sur la tête, laïcité qui ne porte que peu de sacré en elle. Je ne crois pas être un fervent croyant mais je n’ai pas envie de gommer mon éducation sous les auspices républicains ni d’oublier deux mille ans d’histoire.

La Religion semble être prohibée ces derniers temps, les républicains y veillent comme un nouveau FBI et les extrémistes en véritables bootleggers y vont de tous leurs excès.

Un peu d’équilibre Bon Dieu !  Chacun retrouvera les siens !

 

Il est de bon ton de moquer Noël et son Père, de douter de la naissance du Christ un 25 décembre, j’ai gardé cette insouciance de croire au Père Noël, j’édifie ma Crèche religieusement sans oublier de poser au plus haut du sapin l’étoile du berger qui guidera mes rois mages de terre et une fois la mousse et la rivière (faite dans l’alu de la tablette de chocolat) installées, je lève les bras au ciel, perpétuant ad vitam eternam l’histoire du Ravi !

Je n’en suis pas pour autant bigot ou punaise de sacristie, j’aime et je respecte cette tradition.

La veillée de Noël sera traditionnellement maigre en Provence, à base de poisson et de grattin de cardes, les Treize Desserts représenteront les treize convives de la Cène, une assiette supplémentaire attendra le pauvre hère, nous penserons ainsi aux plus démunis.

Ils viendront peut être l’air joyeux :

 

 

« Bòni fèsto ! venian pausa, cousin, cacho-fiò 'mé vous-autre. » 

« Bonnes fêtes ! Nous venons poser, cousins, la bûche au feu, avec vous autres. »

Comme l’écrivait si bien Frédéric Mistral.

 

Prenons ces instants de partage et de paix, ne les oublions jamais, ils sont en nous depuis des millénaires, jetons au feu la bûche séculaire d’un arbre fruitier et chantons : 

 

 

Alegre ! Diou nous alegre !
Cacho-fio ven, tout ben ven.
Diou nous fague la graci de veire l’an que ven,
Se sian pas mai, siguen pas men !

Réjouissons-nous ! Que Dieu nous donne la joie !
Avec la Noël, nous arrivent tous les biens.
Que Dieu nous fasse la grâce de voir l’année qui va venir !
Et si l’an prochain nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.

(Frédéric Mistral « Lou Cacho Fio)

Que Noël vous soit doux et paisible.


Pierre-Jean

Par Pierre-Jean Néri
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 18:27

 

 

Le 22 novembre 1967, Otis Redding et Steve Cropper sortent des studios Stax à Memphis, au 926 East McLemore Avenue, l’antre du « Deep Soul », le paradis du Rythm and Blues.

Cropper est à l’origine du son Stax, il joue avec tout le monde, de Booker T à Sam & Dave et Wilson Pickett, il est un des rares blancs avec Donald Duck Dunn son pote à oeuvrer et participer à ce phénomène musical.

Otis Redding est lui au sommet de son art, il enchaine albums et tournées dans le monde entier, pour la première fois de sa vie il parle de lui dans « The Docks of The Bay ».

 

Le Beechcraft H18 a pris l’air en ce dimanche 10 décembre 1967, le temps est froid et brumeux. Otis et son groupe du moment «The Bar-Kays » partent à Madison pour un concert.

Vers 15h30 l’avion victime du mauvais temps plonge dans le lac Monoma, dans l’Etat du Wisconsin.

Un seul des musiciens s’en sortira, Ben Cauley, le corps d’Otis Redding sera repêché le lendemain des profondeurs du lac.

 

(Sittin’on)The Docks of the Bay sortira un mois après, chanson posthume qui cloture une époustouflante carrière, tant par son intensité que par sa qualité, ou comment un petit black né en Georgie marquera à jamais l’histoire de la musique.

 

« James (Brown) was the Godfather and Otis Redding was the King. Otis was absolutely fantastic, a good and pure guy»  Steve Cropper. 

 

« There’s one noteworthy aspect to Redding’s life not often touched upon: No one has anything bad to say about him. No scandals lurking in the closet, no mouth-dropping incidents of rampant egotism to shatter his wholesome image, no shafting of his sidemen on long road jaunts. Just a monstrously talented soul man who enhanced the lives of everyone associated with him but died much too soon.

Heartbreak never sounded good. Or happened so abruptly. » Ben Cauley

 

J’ ai  écouté tout Otis, « Try a little tenderness » est probablement ma préférée, « les docks » sont mon premier 45t, je les aime toutes, je n’ai que très peu écouté de reprises qui tenaient la route, si ce n’est celle des « Commitments » dans l’exceptionnel film d’Alan Parker, par Andrew Strong (The Voice) et « I’ve been loving you too long » par un groupe de petits anglais, les Rolling Stones...

 

Il existait un album chez Atco, retraçant une partie du Monterey Pop Festival, une face est consacrée à  Jimmy Hendrix et l’autre à Otis qui joue là une de ses plus belle partition, où il donne sa vie et son énergie...

 

Steve Copper retrouvera quelques années plus tard, Donald Dunn au sein des Blues Brothers perpétuant l’âme de cette musique noire, Otis les écoutera assis sur la jetée, face à la baie de Frisco, regardant les bateaux arriver, dans un bruit de ressac...

Si vous écoutez bien le vent du large ramène ses derniers sifflements...

Prenez en tout votre Soul.

Par Pierre-Jean Néri
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Jeudi 8 décembre 2011 4 08 /12 /Déc /2011 13:47

 

 

Il faisait froid et beau ce matin de décembre, sur Manhattan. Le Dakota Building se dressait fièrement à l’angle de la 72 ème sur Central Park West.

Annie Leibovitz passa sous la porte cochère de l’immeuble, elle réprima un frisson, mélange de froid et de souvenir du tournage de Rosemary’s baby, dans ce lieu à l’atmosphère si particulière.

Elle devait faire la une de Rolling Stone avec John et Yoko. Elle n’a pas beaucoup de temps devant elle, le couple a rendez-vous aux Record Plant s Studio pour une séance de travail sur l’album de Madame Ono, « album que personne n’écoutera » songea-t-elle.

Comme chaque jour, le couple en sortant dans la rue, signe quelques autographes aux fans qui font le pied de grue dans le froid new yorkais. Mark les abordent alors qu’ils se rendent à leur limousine avec l’album « Double Fantasy ».

John Lennon s'exécute de bonne grâce : « Is this all you want ? » Mark acquiesse et sourit.

Le couple Lennon sort des studios vers 22h00 et décide de rentrer

directement au Dakota, ils descendent de la voiture sur la 72ème, juste en face de l’immeuble, Yoko franchit l’arche la première quand elle entend : « Mister Lennon ? » John se retourne, Mark David Chapman est face à lui, le 38 spécial crache cinq fois, quatre balles atteignent John Lennon de plein fouet, il s’écroule.


« I'm shot, I'm shot »...


Perdomo, le portier du Dakota se précipite et désarme Chapman.


« Do you know what you've done? »

« Yes, I just shot John Lennon. »

 

«Instant Karma's gonna get you
Gonna knock you right on the head
You better get yourself together
Pretty soon you're gonna be dead
What in the world you thinking of
Laughing in the face of love
What on earth you tryin' to do
It's up to you, yeah you
 »


Alan White cogne fort, il a rejoint le Plastic Ono Band pour le Live Peace in Toronto en 69, Klaus Voorman, l’ami de toujours fait vrombir sa basse, Yoko est assise sur un tabouret, tricotant les yeux bandés, George Harrison et Billy Preston représentent la famille, Allen Klein tambourine...


But they all shine on
Like the moon and the stars and the sun...

Par Pierre-Jean Néri
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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 18:44

 

 

J’étais sur  le quai de la gare de l’Oasis à Casablanca, un léger vent venu de l’Océan agitait les palmes en bordure du boulevard.

La foule des grands départs s’agglutinait sur le quai, le chef de gare s’affairait pour essayer de placer les premières et les secondes derrière la ligne jaune. Peine perdue, quand le train entrerait en gare tout le monde se précipiterait dans une mêlée emmêlée.

Je repérais mes futurs adversaires, si j’arrivais à doubler la grosse, les cinq morveux casse-bonbons et les douze sacs à carreaux, j’avais bon espoir de grimper dans le tortillard avant tout le monde. Bon faudrait jouer des coudes et être un tantinet grossier, mais ma place dans le sens de la marche et au bord de la fenêtre était à ce prix !

Le train de l’aéroport Mohamed V entrait en gare, l’express de Marrakech ne devait plus être très loin, je serrais fort mon sac, avançais mon pied, prêt à débouler comme un missile...

Le chef de gare alluma une clope, une roulure brillait de mille feux, remuant son petit cul serré dans un faux  Dolce & Gabbana, elle traînait sa Vuitton élimée dans la terre du quai en réfection.

La voix résonne dans le haut parleur, le train est là, un coup d’épaule à droite, un à gauche, bien joué l’ami, tu es le premier !

Bonheur, un compartiment vide, je n’ai que le temps de m’installer avant la nuée hurlante et riante qui envahit le wagon.

J’aime le train, partout dans le monde, ma prochaine bien aimée doit s’attendre à emprunter Transibérien et autres Orient Express (dans ce dernier je l’emmènerai à Venise afin de lui offrir la bague de fiançailles de ma Grand-Mère, genou à terre sur la Place Saint Marc, face au Florian !).

Dans la promiscuité d’un train on discute avec des gens avec qui on a rien à dire et tant à dire à la fois, mes voisins qui ne se connaissent pas échangent déjà des recettes, mélangeant  Arabe et Français, ils me demandent sans la moindre vergogne, mon avis que je m’empresse de leur donner...

Nous entrons dans Berrechid, j’envoie, tradition oblige, un texto à Nordine Fakir : « J’arrive dans ton pays, est-ce que tu veux que je te ramène matecha ? » il me répond dans la seconde : « Nas Kilou ! ».

C’est un jeu entre nous, jeu auquel je ne déroge jamais.

Ca sent toujours mauvais dans ce coin, moitié égout-moitié pourri.

Nous traversons Settat (pronounced Stat), la ville de Si Driss Basri, le Pasqua marocain, la ligne longe un moment le golf de cette ville de province, probablement destiné à son seul et célèbre édile...

Je ne manque pas de m’extasier sur mes koubbas préférées au Maroc, elles sont là dans la campagne, presque perdues, commémorant la mémoire de saints locaux, honorant leurs vies de bonté sur terre.

Le service à bord s’approche, le préposé tape sur son chariot avec son ouvre bouteille, je prends un café kassé, mes coreligionnaires achètent le fond, ils vont probablement festoyer et bien sûr m’inviter ! Je fais mine de sortir pour fumer, « vous pouvez fumer, ma kayn mouchkil... ».

Le train franchit un oued, le ciel est bleu dur et pur, on commence à deviner l’Atlas dans le lointain,

Je suis au Maroc, « Take the train from Casablanca going south ,

blowing smoke rings from the corners of  mouth.
Colored cottons hang in the air,
charming cobras in the square.
Striped djellebas we can wear at home. »

Le train danse sur la voie, Crosby, Still & Nash  donnent de la voix, I’m riding on the Marrakesh Express...

Par Pierre-Jean Néri
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